Table ronde AG AFCA-CIAL 2019 – La nutrition animale, contributeur essentiel à la durabilité des filières

Table ronde sur le thème de la durabilité - AG 2019 de l'AFCA-CIAL

Éléments de contexte 

Dans un contexte de marché tendu, entre changement climatique, déforestation, véganisme, transparence sur les modes de production… et un contexte règlementaire de plus en plus exigeant incluant de nombreuses actions en faveur de l’environnement : Accords de Paris, Plan protéines, PAC… les productions animales sont sous pression.

L’alimentation animale est au cœur des défis pour accompagner l’évolution démographique, l’approvisionnement des hommes en denrées alimentaires et en particulier en protéines d’origine animale, tout en préservant la durabilité des systèmes.

L’objectif de cette table ronde est de présenter une vision, de l’amont à l’aval, des apports de la nutrition animale à la durabilité des filières de production animale.

 

Autour de cette table ronde

Animée par Jean-François LABARRE – CCPA

Nicolas MARTIN – Chef de Département Développement Durable chez AJINOMOTO – Contribution des acides aminés

Caroline BIARD – Responsable technique chez PHOSPHEA (TIMAB) – Enjeux des matières premières minérales

Michel LAYUS – DIELNA – Valorisation des coproduits liquides des IAA

Émile NICOT – Dirigeant de PHILICOT – Aliments composés – Plateforme DURALIM

Elsa DELLIERE – Responsable QSE chez BEL – Attentes de la filière aval

 

Les principaux points mis en avant 

Grâce aux Analyses de Cycles de Vie (ACV), il est possible de montrer que l’utilisation des acides aminés peut avoir des conséquences positives, à différentes étapes du cycle de vie, sur l’impact environnemental des produits d’origine animale. Les additifs en nutrition animale, peuvent apporter des solutions innovantes en matière de durabilité pour  répondre à certaines attentes des filières.

L’ACV permet une approche holistique, prenant en compte les impacts globaux d’un schéma d’agriculture (par exemple,  pour mesurer l’impact d’un aliment, d’une source d’approvisionnement, d’une formule… sur le bilan final d’une denrée alimentaire d’origine animale). Un autre atout des ACV : avoir une approche scientifique sur des sujets aujourd’hui très émotionnels.

Concernant les matières premières minérales, une ressource indispensable à l’alimentation des animaux, il existe de forts enjeux en matière de durabilité s’agissant de ressources épuisables “limitées”. Les producteurs de matières premières minérales conduisent beaucoup de recherches, pour diminuer la pression existant sur ces ressources, en travaillant par exemple sur la composition (propriété chimique, interactions avec les autres intrants, digestibilité, rejets..), sur le recyclage (réduction des pertes et gaspillages), sur les procédés (consommation d’énergie…). Avec une réelle volonté de transmettre ces informations à l’aval, au niveau des fabricants d’aliments et des éleveurs pour optimiser l’utilisation de ces produits.

La nutrition animale, a également un rôle majeur dans la valorisation de coproduits de l’agro-industrie non consommables par l’homme. Tourteaux, sons… coproduits courants et très utilisés dans la formulation des aliments, les coproduits liquides (mélasse, coproduits issus des procédés de fermentation) représentent,  quant à eux, de plus grands enjeux : plus difficiles à revaloriser d’un point de vue technique, mais extrêmement intéressant d’un point de vue nutritionnel. Valorisés aux travers des aliments liquides (mélassés) ces coproduits permettent une amélioration de la valorisation de la production fourragère des éleveurs, et s’intègrent pleinement dans une logique d’économie circulaire. Et avec un autre atout en matière de process très positif d’un point de vue environnemental : l’absence de séchage, un gain d’énergie significatif.

Un outil remarquable pour la durabilité des filières : Duralim, la plateforme collaborative française pour l’alimentation durable des animaux d’élevage. C’est un engagement fort des entreprises, depuis les fournisseurs de matières premières et additifs, en passant par les fabricants d’aliments composés, jusqu’à la filière aval, pour améliorer la durabilité de l’élevage via l’alimentation animale. Duralim comprend une démarche de progrès avec une implication individuelle de chaque entreprise suivant des indicateurs qui lui sont propres, et un engagement commun pour atteindre 100% d’approvisionnement durable avec un objectif zéro déforestation (2025) et zéro conversion (2030). Duralim a également pour vocation de communiquer sur la durabilité de la nutrition animale pour le compte des entreprises engagées dans la démarche.

Et à l’autre bout de notre chaîne, les consommateurs sont de plus en plus sensibilisés en matière de durabilité, notamment grâce aux ONG. La filière aval veut répondre aux attentes des consommateurs avec une demande forte sur l’alimentation des animaux producteurs de denrées alimentaires (alimentation durable et locale, lutte contre la déforestation importée, approvisionnement en soja durable…). Une filière qui attend de ses éleveurs des engagements, dépendant principalement de l’amont de cette filière : fabricants d’aliments composés, fournisseurs d’additifs et de prémélanges, importateurs et producteurs de matières premières.

 

Conclusion

La nutrition animale a des solutions à apporter pour améliorer la durabilité des filières animales, et seuls quelques exemples ont été présentés autour de cette table ronde.

La nutrition animale mène des actions en faveur de la durabilité et doit le mettre en valeur.  Il ne faut pas hésiter à prendre de la hauteur sur le fait que la notion de durabilité des systèmes peut-être contre-intuitive, comme par exemple, proximité n’est pas forcément synonyme de durabilité.

La nutrition animale a un intérêt à explorer l’optimisation des formulations d’aliments sur des critères environnementaux, d’utiliser les outils à disposition, qui s’améliorent encore, pour estimer l’impact environnemental global d’un système de production (ACV).

Et une revendication : la disparité entre les enjeux de durabilité en France, en Europe ou à l’export, qui impacte le modèle économique agricole local, avec une concurrence “déloyale” du reste du monde.

 

Pour les adhérents, retrouvez les présentations faites par les différents intervenants : ICI

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